
Résumé :
« Nous sommes à la merci de nos propres faiblesses,…Une humanité affranchie des caprices du cœur ne serait-elle pas plus belle ? plus forte ? »
« Tu serais surprise de voir combien ils s’entendent bien, ces deux-là. J’ai même l’impression qu’ils rivalisent d’efforts pour savoir lequel est le plus bruyant. mais je crois que c’est normal, car quand les cœurs sont heureux, ils chantent. »
Quand notre coeur a des ailes, chaque battement compte. Dans un monde où chaque habitant naît avec un oiseau pour coeur, Orion Gershwin mène une vie solitaire dans le paisible village de Bourg-Soufflé. Sa vie bascule le jour où Florence, fiancée au redoutable prince Talon, croise sa route. Orion tombe sous le charme de la jeune femme, mais son coeur, Moineau, s’envole avec elle, le laissant physiquement et émotionnellement vide. Ses jours sont désormais comptés : il doit rejoindre Moineau au plus vite ! Mais pour cela, il va devoir affronter l’inconnu dans la grandiose cité de Nidargent.
Mon avis
Ce qui m’a tout de suite attirée, c’est la magnifique couverture, avant même de lire le résumé. Une esthétique poétique qui reflète bien l’âme du roman.
Mais la vraie surprise est venue de l’univers : cette idée que l’oiseau ne soit pas simplement un compagnon, mais le cœur même de la personne, m’a profondément touchée. Le lien intime entre l’humain et son oiseau m’a immédiatement évoqué les dæmons de À la croisée des mondes de Philip Pullman.
L’identification du caractère en fonction de l’espèce est brillante. J’ai aimé observer comment le moineau, petit et commun, devenait le reflet d’une personnalité sincère, douce et volontaire, comme Florence ou Orion. Ce dernier, très attachant par sa maladresse et sa franchise enfantine, m’a un peu déconcertée au début par son détachement. Florence, quant à elle, m’a moins émue, bien qu’elle corresponde bien à son oiseau..
Mes personnages préférés ont été Colette, représentée par une ménate, énergique, atypique, mais au cœur immense et Jo, solitaire et bourru à l’image de son grand-duc mais profondément humaine. Leur arrivée a enrichi l’intrigue et donné plus de relief à ma lecture, qui peinait un peu à démarrer à cause d’un attachement initial limité à Florence et Orion
J’ai trouvé particulièrement fort le message autour de la hiérarchie sociale : les espèces de type rapace, plus grandes ou perçues comme puissantes, imposent leur domination sur les oiseaux plus petits, comme les moineaux. Ce principe rappelle une forme de caste où les plus forts écrasent les plus faibles, ajoutant une profondeur politique subtile au récit.
Conclusion
Après un démarrage un peu lent, le roman gagne en intensité et en richesse au fil des chapitres. L’univers imaginé par Clara Le Corre est original, tendre et bien construit. Un joli roman initiatique, à la fois poétique et accessible, qui plaira sans doute à un public jeunesse, mais pas uniquement. Ceux qui ont aimé Pullman y retrouveront une forme de nostalgie bienveillante. Une belle découverte
