The South Girl 1 – Aya Estrela

Lois des quartiers sud :
1: Quiconque s’en prend à Elvira Petrova paie le triple de ce qu’il lui a infligé.
2: Aucune vente de drogues ou armes aux mineurs n’est autorisée sous peine de bannissement.
3: Aucun gang n’est autorisé à être en activité dans les quartiers sud.
4: Les étrangers à qui il est permis de franchir les frontières doivent être désarmés.
5: Les chuchoteurs sont des intouchables.
6 : Celui qui franchit les frontières du territoire sous l’interdiction du roi trouve la mort.

Elvira Petrova, dix-neuf ans, tombe des nues quand l’avocate de la très renommée King’s University lui fait une proposition des plus inattendues contre un « petit » service. Le deal est risqué, mais bien trop tentant pour qu’elle puisse le refuser. Et voilà qu’en échange de la remise en liberté d’Amon, son frère, elle doit accepter de traquer le responsable des horribles agressions perpétrées sur le campus.
Telle une apprentie détective, elle va se lancer à corps perdu dans cette enquête, entraînant ses voisins et membres de l’équipe de hockey dans son sillage. Et plus particulièrement leur capitaine qu’elle déteste, Abel Ryder.
Mais le temps presse, et Elvira va devoir faire des choix face à ses terribles découvertes. D’autant plus que l’étau se resserre autour de la jeune femme lorsque le coupable inverse les rôles et la contacte, faisant d’elle sa nouvelle proie.
Tic-tac, tic-tac…
« Que la partie commence, Détective Petrova. »

C’est officiellement mon premier coup de cœur de l’année. Et quel coup de cœur ! Aya Estrela nous livre ici un roman qui mélange avec brio les genres : romance, thriller, found family, ennemies to lovers. Un cocktail explosif qui, loin de s’éparpiller, s’équilibre à merveille pour donner un récit addictif.

La plume de l’autrice est fluide, rythmée, captivante. Elle sait doser l’information. Au début, on a l’impression de bien cerner les personnages, de comprendre leurs dynamiques, mais rapidement on se rend compte que ce n’était que la surface. Plus on avance, plus les couches se dévoilent, et chaque protagoniste prend une profondeur saisissante. Chacun a sa lumière et ses zones d’ombre, et c’est ce mélange qui rend l’histoire si intense.

La dimension found family m’a particulièrement touchée. Le groupe est écrit avec une justesse telle qu’on a nous-mêmes envie d’en faire partie. Leur complicité, leur loyauté, leurs blessures partagées créent une atmosphère à la fois réconfortante et bouleversante.

Quant à l’axe ennemies to lovers, il est incarné par Elvira et Abel, deux personnages qui m’ont totalement happée. Elvira est ce paradoxe magnifique : forte, fonceuse, prête à tout pour protéger ceux qu’elle aime mais fragile, presque désarmée lorsqu’il s’agit de ses propres blessures. Abel, lui, semble au départ coller à l’archétype du sportif charismatique, mais on découvre vite un pilier marqué par un passé lourd, fissuré par des failles qui le rendent infiniment attachant. Leur évolution est belle, intense, parfois déchirante.

L’intrigue autour de l’enquête sur les viols est menée avec beaucoup de maîtrise. Certaines scènes sont dures, parfois crues dans leurs descriptions, mais nécessaires pour porter toute la gravité du sujet. On vit cette enquête aux côtés d’Elvira, seule face à l’horreur, et c’est bouleversant.

Et puis… impossible de ne pas évoquer les personnages secondaires. Elias, Amon, et surtout Kane (mon chouchou !). Chacun apporte une nuance supplémentaire à l’histoire. Ils sont plus que de simples « seconds rôles », ce sont des pièces essentielles de cet univers sombre et percutant.

The South Girl, ce n’est pas seulement une romance ou un thriller. C’est un roman qui parle aussi de bagages lourds à porter, de cicatrices visibles et invisibles, d’addictions qui marquent les corps et les âmes. Un récit dur, mais profondément humain.

Aya Estrela signe ici une histoire coup de poing, addictive, poignante, et terriblement émouvante. Entre tension, émotions, noirceur et éclats de tendresse, The South Girl a tout ce qu’il faut pour rester gravé. Et pour moi, il restera comme l’un de ces livres qu’on n’oublie pas.

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